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Nouriture2021-01-12T09:06:17+00:00

Les repas à L’espace de le Source

Les repas se font dans le cadre associatif, par les adhérents et pour les adhérents.

Par éthique, nous achetons tous nos produits à l’épicerie du village et aux producteurs locaux et non en grande surface. Nous soutenons ainsi de meilleure condition de travail, la vie du village, et les circuits courts. En venant ici, vous soutenez cette démarche engagée.

Tous nos repas sont bio, locaux et végétariens. Ils sont constitués d’une entrée et d’un plat ou d’un plat et d’un dessert. Les boissons chaudes (thé, café tisane), sont à disposition et en libre service tout le long du séjour.

Pour en savoir plus sur L’esprit du repas, vous pouvez lire le texte de Sandra, ci dessous 

 

« Se nourrir à La Source », par Sandra DAO

« L’ esprit du repas », 

 

Manger ce n’est pas seulement se nourrir, c’est aussi nourrir sa vie !

 

Entre ma vie à Paris et ma vie à La Source, je vois le chemin parcouru quant à ma conscience de la nourriture ! Avant je mangeais pour me remplir et faire fonctionner le corps, maintenant je me nourris des saveurs, des couleurs et du rituel de préparation pour prendre soin de mon corps.

En me rapprochant de la nature et en développant un jardin potager, j’ai pris conscience de tout ce qui est nécessaire pour que mon assiette soit remplie, belle et vraiment nourrissante, c’est à dire apporter ce dont mon corps à besoin pour rester en bonne santé.

Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, cela à pris du temps, et encore parfois ma vieille mémoire comportementale ressurgit, remplie d’avidité pas toujours saine et de poussées d’incohérences. Grandir en conscience prend du temps, toute une vie au moins.

Mettre les mains dans la terre, semer, planter, récolter, cuisiner et déguster, voilà tout un processus qui fait grandir de l’intérieur. C’est un savant mélange, de difficultés et de déceptions quand la terre est dure à travaillée ou que ce qui devait pousser dépéri, mais aussi de joie intense remplie de gratitude, de récolter ce que l’on a semé et voir l’abondance de cette nature. Pour une minuscule graine de tomate, une foison de fruits colorés odorants et juteux. Cela me ramène à cette simple vérité : je ne peux rien contrôler, je suis le cours de la nature, je vais devoir m’adapter et cuisiner avec ce qui vient. Sacré leçon de « lâcher prise » !

Lorsque je vivais à Paris, sur le béton armé, je percevais à peine les saisons, tant les magasins globalisés proposaient de tout, importé, à tout moment. Des fraises ou des tomates en hiver, ne me semblait pas une hérésie. Aujourd’hui je suis le cours des saisons avec émerveillement, et sens les besoins de mon corps s’adapter et profiter avec délectations de ce qui vient à temps. Les châtaignes à l’automne, les courges et poireaux en hiver, les cerises aux printemps et les tomates en été ! J’adore cette ronde des saisons et des aliments qui me fait redécouvrir  à chaque nouvelle période des saveurs oubliées. Je sens mon corps ravi d’aller avec cette danse de la nature dont il fait parti. Mieux écouté, il me semble en meilleure forme aussi.

 

Et puis il y a eu cette rencontre avec une femme et son  pays d’origine : Laure Kié et le Japon!

Tout d’abord j’ai rencontrée LAURE  KIÉ avant qu’elle ne soit l’auteur de ces livres de cuisine , magnifiques et pratiques qui m’inspirent si souvent. Devant mes inquiétudes quant à la difficulté de trouver tel ou tel ingrédient utilisé dans ses recettes, elle me rassurait en me conseillant de remplacer ce que je n’avais pas, par ce que j’avais sous la main. Je découvrirai plus tard au hasard de mes lectures, que ceci est la base de la cuisine zen : faire de son mieux avec ce que la vie nous propose ! Quand je suis en manque d’inspiration, je feuillette à nouveau un de ses livres, pour redécouvrir des recettes cachées et trouver des idées toutes simples pour me nourrir et en faire profiter ma famille. Et puis laisser place à la créativité, pour que faire à manger ne devienne pas une corvée, mais un jeu renouvelé avec l’instant.

 

« Voir pousser ce qu’on a planter, préparer et déguster ce qu’on a nous-même récolté donne un sens différent au repas. Et il nous fait comprendre l’importance de l’origine des aliments, de l’environnement dans lequel il pousse, en accord avec les rythmes de la nature. J’ai réalisé à quel point la qualité d’un repas n’était pas seulement liée à une liste d’ingrédients quantifiables mais bien plus à l’esprit qui anime sa préparation et sa dégustation. »

« Depuis toujours la cuisine est liée à la santé. Elle est notre première médecine et nous sommes ce que nous consommons. Toutefois si la nourriture est une médecine elle peut aussi être, dans certains cas, un poison.  Nous mangeons de plus en plus en quantité, des ingrédients de moins en moins bonne qualité. L’utilisation excessive d’engrais et de pesticides dans l’agriculture a rendu notre alimentation chimique et cela a forcément des conséquences sur notre santé et notre environnement. »                                                                          Laure Kié, « Ma petite cuisine japonaise »

 

 

LE VOYAGE AU JAPON, fut une autre source d’inspiration et une révolution silencieuse qui a modifié mon quotidien. Je retrouvais avec délice les petits déjeuners salés, soupes ou riz sautés, découverts au cours de mes voyages en Asie. Ma peur de manquer, face aux plats semblants peu copieux, se voyait désarçonnée quand à la fin du repas, j’avais le ventre rempli et content. L’équilibre des différentes consistances et cuissons, croustillant et à la vapeur dans un même menu ainsi que la subtilité des saveurs, doux et parfumé à la fois, me voyait enchantée à chaque repas. Et sans parler de la présentation, qui parfois me laissait pantoise d’admiration, devant des bols en porcelaine transparente ou en bois laqué sobre. Il y avait tant de détails auxquels j’étais sensibles, que mes sensations étaient enivrée à la fin d’une journée.

Je me souviens de ce petit restaurant en bord de route à Kyoto, où je me suis arrêtée par hasard, poussée par la faim. J’ai choisi ce qui me semblait, d’après la photo qui m’était présenté, assez varié. Et qu’elle ne fut pas ma surprise lorsqu’une femme âgée déposa avec un tendre sourire une grande boîte laquée, décorée magnifiquement. J’eus l’impression que la petite fille en moi ressurgissait pour recevoir son cadeau. A l’ouverture de ce présent, la surprise se poursuivie avec l’installation délicate de couleurs et de formes équilibrées placées les unes contres les autres. C’était comme un tableau à vrai dire. Et puis pour couronner le tout, la dégustation fut comme un festival de saveurs qui s’harmonisaient, se mettaient en valeur sans s’écraser. Sans oublier le merveilleux miso, ce bouillon fait de soja fermenté, qui est servit à chaque repas ou presque, qui non seulement apporte des minéraux mais est un vrai médicament pour les intestins, en facilitant la digestion.

Après trois semaines passées sans manger de pain au petit déjeuner ou de chocolat au déjeuner, je suis rentrée rassasiée et en pleine forme, avec l’envie d’offrir à ma famille, un petit grain d’expérience nippone. Depuis mon fils a adopté le petit déjeuner, à la japonaise : riz sauté, aux algues ou avec du shizo poussé dans notre potager et du gomasio fait maison, et œufs sous différentes formes ou poisson fumé.

 

« LE GOÛT SILENCIEUX » ce magnifique livre de Valérie Duvauchelle, fut une autre source d’inspiration qui me ramena à nouveau au sens de ce que se nourrir veut dire. En découvrant les cinq contemplations de l’assiette, je basculait dans la vision du monde pleine de beauté qui sous-tend la philosophie zen où tout est relié en profondeur. Ramener de la conscience sur tout ce qu’il a fallu pour que ce repas soit là devant moi ; remercier tous ces facteurs invisibles ; manger en goûtant vraiment ce que je mets dans ma bouche avec calme et voir combien cela me rassasie, si je suis vraiment présente.

 

Shôjin ryôri, la cuisine de l’enthousiasme

 Shôjin signifie « continuer d’avancer, avec la même énergie, la même assiduité quelles que soient les circonstances, porté par un cœur pur ». Accolé à Ryôri, l’idéogramme de la cuisine, Shôjin ryôri peut alors se traduire par « l’acte de faire la cuisine avec l’énergie enthousiaste d’un cœur libre de toute pensée »

 

Les cinq contemplations :

  1- Contemplons toute l’énergie et les efforts qu’il a fallu pour que cette nourriture parvienne jusqu’à nous.

  2- Regardons notre nourriture et voyons comment répondre à ce cadeau par la dignité de notre  pratique

  3- recevons l’abondance de cette nourriture afin d’apaiser nos cœurs

 4- Voyons cette nourriture comme la médecine de notre corps

 5- Mangeons cette nourriture et réveillons notre vie 

   « Le goût silencieux », Valérie Duvauchelle

 

Quelques extrais du livre « Okinawafood »  de Laure Kié

Le régime d’Okinawa

Une étude menée sur plus de 25 ans par des scientifiques japonais et américains a mis en évidence l’exceptionnelle longévité des habitants d’Okinawa mais également leur très bonne santé. Les anciens de cette île sont beaucoup moins touchés par les maladies cardio-vasculaires,le diabète, l’obésité ou les maladies liées à l’âge.

L’un des nombreux secrets des habitants d’Okinawa :

« se faire plaisir sainement et célébrer la beauté de la vie dans la joie et l’humilité ! »

Ce régime sans régime, semi végétarien peut être résumé en quelques mots : un peu de tout.

 

Un style de vie global

La longévité exceptionnelle des habitants de l’île n’est pas seulement liée à leur nourriture.

D’autres facteurs rentrent en jeu :

  • Leur mode de vie dépourvu de stress
  • un climat et environnement plutôt cléments,
  • un respect des anciens,
  • une vie sociale riche avec un mode de vie solidaire et communautaire,
  • une vie spirituelle ancrée dans le quotidien

Faire partie d’un tout

Les Okinawaïens ont une immense gratitude envers la nature et tout ce qu’elle leur fournit. De nombreuses fêtes et rituels s’échelonnent tout au long de l’année pour rendre hommage aux anciens, à la Terre, au Dieu, au soleil, etc. Ces événements provoquent un fort sentiment d’être reliés avec leur environnement, humain, animal, végétal et aussi avec leurs ancêtres, le ciel et la terre…Sur Okinawa le sentiment de solitude est quasi-absent !

 

Les principes de la méthode Okinawa :

  • Des repas légers
  • Une alimentation à 80 % d’origine végétale
  • Des aliments riches en nutriments mais à faible densité calorique
  • Des produits naturels et peu transformés, peu salés et peu sucrés
  • Peu d’alcool, beaucoup de thé
  • Le plaisir des yeux et des saveurs

Aujourd’hui, nous accueillons à L’Espace de la Source, des retraites personnelles ou en petits groupes et c’est avec un grand plaisir que je prépare des repas pour ceux qui viennent, faire un pas de côté du courant de leurs vies intrépides, ou se réparer, ralentir et surtout, se ressourcer.

J’essaie de prendre ce travail de « cuisiner » comme une pratique à part entière, qui me permet de continuer à explorer le lâcher prise et le retour à l’instant présent.

Sandra DAO